Zaza Fournier

Zaza Fournier

Scène SACEM Chanson

10Juillet
14h30
Grand Théâtre

Zaza Fournier pourrait être étiquetée « chanteuse française », et l’est d’ailleurs par un public friand d’identité marquée, au Brésil, au Japon, en Ukraine… Elle a un petit rien de la tradition réaliste parisienne, car elle est physique, dans les mots qu’elle utilise et dans son jeu de scène, sa recherche de sonorités la place pourtant dans une catégorie de jeunes contemporains qui fluctuent entre l’IPod et le vintage. MaJiKer est tombé à pic, « je cherchais quelqu’un qui m’emmène vers un travail sur le rythme et la voix, quelqu’un avec qui chercher, essayer, jouer, on n’avait peur de rien, c’était très ludique. » Les mélodies déliées, qu’on se surprend à reprendre, sont organisées autour d’un travail au scalpel sur les instruments, le ukulélé (Paupières closes), l’omnichord (les filles), le piano (Hôtel des acacias) son accordéon Cavagnolo, « ce compagnon qui pèse lourd » et « les objets trouvés », fleurs, poubelles, verres, sel et poivre, mètre de couture… dont MaJiKer et Zaza font un discret festin.

Les mots de Zaza ne s’embarrassent pas de métaphores et de doubles sens. Elle veut partir, elle le dit : « Ne plus jamais voir l’église, et ses arbres noueux, ces vieilles façades grises, le café malheureux qui nous toisent » (Le Départ). Elle veut qu’on l’aime, elle dit qu’elle veut faire l’amour (Paresse) quand elle écrit qu’avoir 16 ans, c’est galère, et qu’on ne s’en sort qu’en rêvant positivement, elle appuie où cela fait mal (« Quand elle s’habille, elle a dans la tête les regards de l’école ceux des autres filles qui tiennent la gâchette »).

Zaza, c’est du vécu distancié, un regard incarné.