Québécofolies, rencontre avec Moran

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Québécofolies, rencontre avec Moran

Jeff, Sylvain et Thomas, habitent à Montréal. Ils forment le groupe Moran. Ils étaient invités sur le Festival Pause Guitare dans le cadre des Québécofolies. Moran concourait également sur la scène du Tremplin découverte. Retour sur une interview effectuée juste après leur performance du samedi 12 juillet.

Dans Ton Tarn : C'est votre première venue en France ?

Moran : Non, nous sommes déjà venus plusieurs fois. C'est la 8ème ou 9ème en deux ans et demi. Là cette fois-ci, c'est assez court puisque c'est 8 jours, mais sinon c'est 2 à 3 semaines minimum avec des concerts presque tous les jours.

Dans Ton Tarn : Comment voyez-vous ces Québécofolies et le tremplin découverte ?

Moran : C'est un peu le même contexte pour les deux. Et c'est complexe parce qu'il faut faire des balances dans des temps records avec le stress. C'est pas vraiment très agréables pour nous. Par exemple hier, il y avait 6 groupes au total sur les Québécofolies et de devoir tout débarrasser pour tout remettre rapidement, alors que tu sais que le son ne sera pas vraiment le même que pendant les balances c'est un peu gênant. Ce ne sont pas les conditions optimales et c'est frustrant.

Dans Ton Tarn : Quels sont les enjeux pour vous ?

Moran : L'enjeu, c'est de se faire connaitre bien sûr. Mais pour nous, les gens qui étaient là savent déjà qui l'on est puisque l'on vient régulièrement, c'était donc plus pour voir où l'on est rendu aujourd'hui. Et puis il y a le tremplin aussi. C'est un concours avec 5 groupes issues de la francophonie (France, Belgique et Canada) qui "s'affrontent sur la scène". Un vocabulaire un peu gênant dans notre métier, mais c'est comme cela que c’était présenté sur le programme. Les gagnants vont se mériter un vrai concert ici à Albi, au festival Pause Guitare 2015, et une bourse de 1 000 euros. C'est toujours intéressant... Mais le but ultime c'est quand même de rencontrer de nouveaux diffuseurs qui vont s’intéresser à nous et qui vont avoir envie de nous faire revenir jouer pour eux.

Dans Ton Tarn : Le groupe Moran existe depuis combien de temps ?

Moran : J'ai (Jeff) sorti un album en 2006, Sylvain était là déjà. Thomas nous a rejoint à l'automne 2008. C'est depuis que Thomas est impliqué qu'on est officiellement devenu un "Band". Il n'y a pas d'histoire de "Leader". Moran c'est nous maintenant. On travaille ensemble, on écrit et on compose, on fait tout ensemble.

Dans Ton Tarn : Alors justement vous parlez d'écriture et de composition, qu'est ce qui inspire le groupe Moran ?

Moran : C'est très varié parce qu'on vient chacun de milieux différents. Idéalement on veut donner un sens à nos chansons. Même si c'est Jeff qui écrit les chanson, on met chacun notre grain de sel et lorsque l'on a envie d'aborder un sujet on se dit "tiens ça pourrait être cool de faire une chanson là-dessus". Les chansons d'amour ou un truc juste pour que les gens dansent vois-tu, ce n'est pas notre objet. Y en a qui le font et qui le font très bien, mais nous aimons penser qu'on fait de la chanson rock ou pop intelligente. Où l'on sait qu'il y a un propos intense sans être forcement militant. Il y en a tellement peu qui le font que c'est presque une responsabilité. A la base, on est porté à faire des chansons plus engagées, plus difficile aussi à absorber au niveau des textes.
Sinon pour les influences, récemment on a beaucoup écouté The National tous les trois et on s'est aperçu que certains passages dans nos compos s'en approchaient. Peut-être aussi que ça nous fait plaisir de croire ça (rires).

Dans Ton Tarn : Comment vous-êtes vous retrouvés dans cette édition des Québécofolies ?

Moran : Alain Navarro nous avait déjà invités aux éditions précédentes du festival Les P'tits Bouchons à Gaillac. Il nous suit de près depuis plusieurs années et il nous encourage. Il voulait qu'on vienne à Pause Guitare.

Dans Ton Tarn : Comment avez vous vécu vos deux spectacles à l'Athanor ?

Moran : Jouer c'est toujours du fun ! Nous avons toujours plaisir à jouer à partir du moment où la salle est cool. Hormis les petits désagréments des balances comme nous l'évoquions tout à l'heure, nous sommes vraiment contents d'être ici. Et puis c'est un très beau festival, très professionnel. Et c'est rare finalement. Les gens sont efficaces, les changements de plateaux sont rapides, tout se passe bien. Souvent dans les festivals, on arrive et on remarque que l'équipe du Staff fait autant la fête que les festivaliers ou les musiciens qui eux, une fois leur show fini, se lâchent. Mais le problème c'est que les techniciens suivent et puis quand arrive notre tour d'aller en scène ils dorment à côté du stage (rires). Ici c'est pas ça du tout, c'est sérieux et efficace. Ça fait vraiment plaisir d'être accueilli dans ces conditions.

Dans Ton Tarn : Votre programme après Pause Guitare ?

Moran : Nous avons encore deux concerts dont un show complet pas très loin, à Verdun sur Garonne. Ensuite nous rentrons à Montréal pour poursuivre l'écriture du prochain album. Nous reviendrons en France à l'automne...