Rencontre avec Les Frères Casquette

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Rencontre avec Les Frères Casquette

Issus du hip hop alternatif, Les Frères Casquette sont de passage à Albi pour présenter leur dernier spectacle à l’Athanor « Le monde à l’envers ».
C’est à la terrasse de l’Hotel du Parc où ils sont logés que Sam et Max, tout sourire, acceptent de répondre à quelques questions.

DTT : Bonjour
Les Frères Casquette : Bonjour

DTT : J’imagine qu’on a dû vous poser cette question des dizaines de fois, mais pourquoi  « Les Frères Casquette » ?
Max : C’est un peu le coté du rap. On trouvait que ça parlait bien, ça met une image en tête directe. C’est facile à retenir pour les enfants et puis c’est assez sympa et marrant. Ça donc a été très vite pour choisir ce nom. 
Sam : Au delà de ça, deux frères ça ouvre l’écriture sur tout un monde qui tourne autour des frères, les potes. Dans le spectacle on retrouve des personnages récurents comme Tony L’embrouille, Tom le Rom, Laurence la petite amoureuse de Sam Casquette
Max : Ça permet de faire des repères.

DTT : Sur scène vous êtes 4 c’est bien ça ? 
Sam : Oui, il y a 2 rappeurs, Sam et Max Casquette, les deux frères. Il y a Cousin Bob qui est à la basse et à la guitare et il y a DJ Casque le voisin à qui appartient le Ghetto Blaster, la platine Magique. 

DTT : Parlez moi de votre formation, comment s’est-elle mise en place ?
Sam : Le projet est née en 2011 sur une idée de Max et moi. A l’époque nous avions un autre groupe (Nouvel air) et nous avions envie de faire un spectacle de rap pour enfants, on a donc commencé à écrire et puis ça été très vite puisqu'on a sorti un premier album en 2012.
Max : Nous sommes dans une ville où la musique a une place hyper importante et il y avait déjà une approche musicale pour les enfants avec un groupe qui ne l’abordait pas d’une façon gnangnan mais plutôt très rock. Du coup pour nous, passer sur un projet parallèle avec Les Frères Casquette ne nous a pas paru inconcevable. Surtout qu’il y avait déjà eu des expériences similaires dans des villes où des groupes avaient débroussaillé le terrain. Donc faire un spectacle de rap, ça pouvait changer parce qu’on avait encore pas entendu parlé de ça ailleurs. Et surtout ça correspondait vraiment a ce que l’on savait faire. Mais notre objectif est aussi de s’ouvrir à la famille et aux adultes parce qu’on ne fait pas que du rap, on fait aussi de la chanson. L’idée c’est de vraiment s’ouvrir et de continuer à représenter notre culture qui est quand même le hip hop, tout en cassant un peu les codes et les clichés.

DTT : Quel est l’age de votre public ?
Sam : Entre 6 et 12 ans mais les plus réceptifs sont les enfants de 8 à 11 ans.

DTT : Vous faites également des ateliers avec les jeunes ?
Sam : Oui bien sûr. Nous avons une asso (L’Air de Rien) avec laquelle on fait beaucoup d’interventions en école, en collège et en lycée. Et il arrive des fois que sur un concert Frères Casquette on vienne la veille ou quelques jours avant pour faire un atelier pédagogique ou une sensibilisation.

DTT : Vous avez l’impression que le statut « artiste Jeune Public » est reconnu ?
Max : Non pas vraiment. On est souvent isolé en fait.
Sam : Ça se développe c’est certain, mais c’est quand même pas encore super reconnu. Tant du coté professionnel que du coté public. D’abord l’accueil est différent par rapport à un groupe de musique « adulte ». Ensuite on joue en journée. Souvent on imagine que tu vas venir avec ta guitare, ta moustache et que tu vas envoyer ton bidule alors qu’en fait tu as préparé un spectacle dans des salles de concert, tu as bossé les lumières, le sons, tu as travaillé ton jeu de scène… bref tu abordes le truc comme un concert pour adultes et des fois tu réalises que t’es pas autant considéré dans l’accueil qu’un groupe classique.

DTT : Vous vous sentez moins pris au sérieux ?
Max : Oui voila, comme si ce n’était pas reconnu comme de la vraie musique. Et puis au delà de l’aspect jeune public, il y a aussi autre chose que l’on rencontre parfois : sur la tournée on a eu 2-3 dates annulées par des villes ou des écoles parce que c’était un spectacle de « rap ». Le rap et tous les clichés qui vont avec. Alors que bon, je ne dis pas qu’on fait du rap consensuel mais ce n’est pas non plus du rap hardcore (rires). 
Sam : Oui c’est vrai. Il y a ce clivage qui est parfois frustrant. On a même certains profs qui ont refusé de venir avec leur classe parce que c’est du « Rap » (rires)

DTT : Vous faites tourner ce spectacle depuis combien de temps ?
Max : Celui là, ça va faire un an et demi.
Sam : On doit être a peu près 60-65 dates avec celle de Pause Guitare
Max : On a des dates calées en 2016 alors je pense que ça va être une tournée qui va durer entre deux ans et deux ans et demi. 

DTT : Un nouvel album en préparation?
Max : Oui, on commence à réfléchir à de nouveaux morceaux. Ça fait parti des projets.

DTT : Votre prochaine date après Pause Guitare ?
Max : Rock ici Mômes le 16 juillet à Sablé-sur-Sarthe.

DTT : Merci d’avoir pris le temps de répondre à ces questions, on se retrouve tout à l’heure au concert…

Propos recueillis par François Darnez pour Dans Ton Tarn.
Photos : © Dans Ton Tarn